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Sari Lightman
Sari Lightman s’est taillé une place dans la scène musicale canadienne avec sa sœur jumelle, Romy, en formant un duo folk expérimental sous une série de noms : Tasseomancy, Lightman & Lightman, aujourd’hui Lightman Sisters. Au fil des ans, les deux sœurs ont élargi leur univers sonore commun, créant un folklore mélodique : synthés chatoyants et arrangements acoustiques tissés de fils mythiques et familiaux, explorant leurs idées sur la foi, les blagues cosmiques, la sensualité et la défiance. Avec son disque solo, Lightman quitte l’habit expérimental pour s’inscrire dans la tradition des troubadours folk : Leonard Cohen, Bridget St John, John Prine. « Ces chansons sont ma tentative de dessiner une silhouette : la figure d’une personne qui semble à la fois passagère et intime, une tranche de vie ordinaire, comme celles dont proviennent mes chansons préférées. » Le premier album solo complet de Lightman, The Way I Saw You, paraît le 26 juin 2026 chez Night Bloom Records. La proche amie de Lightman, Meg Duffy (Hand Habits, Perfume Genius), a été une force motrice derrière The Way I Saw You. Les deux amies marchaient ensemble dans leur quartier de Los Angeles, parlant et observant : les gens, la nature sauvage, les couchers de soleil, la banlieue. Duffy est devenue une collaboratrice essentielle, s’occupant de la prise de son et de la production, et ajoutant sa guitare, d’un lyrisme presque transcendant, à chaque chanson. La chanson-titre de l’album met en scène une journaliste assise face à l’écrivaine Eve Babitz, des décennies après le début de sa réclusion, à la suite d’un accident qui l’avait défigurée. Elle aspire à ce qu’on se souvienne d’elle telle qu’elle était dans son écriture, sensuelle et insouciante. Vivre dans la rose, immortelle, éclose au cœur d’une œuvre. « The Prize » met en scène deux amants réincarnés en un papillon agile et le trottoir sous ses ailes. « Day of the Just Cause » explore le lien biblique qui unit Lightman à sa jumelle, tandis que « Girl Bitten By A Lizard » est une ode à sa belle-sœur, emportée par la dépendance. « Give It All Up » imagine une conversation posthume entre deux mystiques, Etty Hillseum et Jeanine Deckers. The Way I Saw You est écrit presque entièrement depuis le territoire des femmes : amies, famille, rencontres posthumes imaginées. « Je pense à mon écriture comme à une forme de voyeurisme, murmure Lightman, celui de capter l’essence de quelqu’un tout en se cachant à proximité. Comme le Bigfoot au féminin, l’album est une ode à la personne sensuelle, composée dans ses formes obscènes et nuancées : non pas une simple muse jolie et passive, mais une bête, une somme complexe et fascinante. » Tandis que les cordes de nylon vibrent et se modulent, Lightman dessine à ces personnages un portrait complexe, fait de vérités changeantes et de contradictions. The Way I Saw You déforme des réflexions introspectives, cuites sous la chaleur californienne.
